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Hypertexte#1
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pdf "Du performatif à la performance"
en pdf (36 ko)

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Christophe Fiat "Du performatif à la performance"



Ce qui est bien avec l’art, c’est que la désillusion est complète. Ce qui a pour conséquence de nous faire mieux comprendre le monde. Quel monde ? Celui dans lequel nous vivons au début du XXIe siècle. Bien sûr, le plus souvent, nous résistons à cette désillusion – sous la forme du déni, plutôt que du refoulement – parce que nous préférons être déçus ou émus, plutôt que de voir les choses du côté cinglant de l’argumentation et de l’analyse. Mais la situation est telle aujourd’hui, qu’en renonçant à toute distance critique, nous sommes acculés à la peur. Ce qui se traduit par un désir pervers de sécurité qui évacue définitivement toute aspiration à la liberté sous prétexte de menace terroriste, ou de menace émanant des banlieues, ou de menaces de prédateurs comme les pédophiles (pour prendre des exemples de peurs spectaculaires contemporaines). Voilà, si plus personne ne parle de liberté, c’est parce que plus personne ne veut réfléchir sur les motifs de ses actes, ainsi qu’au devenir du monde, préférant se réfugier dans une auto-fiction permanente. Laquelle auto-fiction n’est autre qu’un autisme qui gère la violence de son chaos intérieur en vivant des situations extrêmes et sans espoir qui se traduisent par des intentions suicidaires ou des mesures d’auto protection ou un abandon total.
Partant de ce constat, l’art ne peut plus être un outil, mais il doit être une arme capable de faire de la désillusion, le premier stade d’une transformation de l’homme en aventurier. Ainsi, ce qui permet cela dans l’art n’est autre que le performatif qui est à l’œuvre dans la langue et qui se traduit dans le show live par la performance. Ici, performatif et performance fonctionnent comme les deux moments d’un combat qui nous jette (les armes contrairement aux outils sont faites pour être projetées, ce dont témoignent par exemple les arts martiaux) dans l’existence, plutôt que dans la vie. En effet, nous savons tous que la vie est tellement contaminée par le bio-pouvoir qui nous accule à ne l’éprouver que comme subissement ou oppression qu’il ne nous reste que la possibilité qu’émettait Sartre au XXe siècle de postuler non plus la vie, mais l’existence. Ce qui serait une vie dans laquelle nous serions toujours en excès, hors cadre, hors norme comme le dit Judith Butler. Alors, le performatif désigne des discours qui disent quelque chose et qui le font, ou bien des discours qui produisent certains effets (ce dont se charge la littérature), la performance désigne un lieu (le plateau ou la scène du live) et un moment (la durée du show) qui transpose ce qui est à l’œuvre dans le performatif dans une situation culturelle identifiable. Le passage de l’un à l’autre ne se fait pas sans difficulté, charriant au passage des gestes musicaux, dansés (seulement des gestes qui sont autant de codes qui conditionnent une esthétique de la narration, plutôt qu’une esthétique de l’incarnation) afin que l’arme en question ait un impact suffisamment important pour que le performatif et la performance soient une action non pas seulement pragmatique mais aussi symbolique (ou virtuelle pour reprendre un terme de Gilles Deleuze). En effet, les armes dont il est question ici - aussi violentes soient-elles dans leur riposte - n’en demeurent pas moins non létales à l’instar de la voix humaine chez William Burroughs, et de ses extensions que sont les enregistrements sonores et vidéos quand il écrit : « Considérez à présent quelle arme peut constituer la voix ». A la fin, ce qui se joue ici c’est de ne plus perdre ce sens du combat qui doit prendre l’apparence, non pas d’un conflit ouvert, mais d’un jeu dangereux dans lequel les récits obtiendront avec un minimum de force, un maximum d’impact.